Qu'est-ce qu'un family office ? Guide complet 2026

Écrit par Marlène Borcard

25 juin 2026

Vous avez entendu parler de family office sans vraiment savoir ce que ça recouvre. Normal : il n’existe aucune définition légale du family office en droit suisse. Banque privée, gestionnaire de fortune, conciergerie de luxe, conseiller patrimonial — tout le monde s'en réclame. Le terme “family office” est essentiellement une désignation économique et commerciale, pas une qualification juridique. Ce guide explique ce qu'est réellement un family office, comment fonctionnent ses différents modèles, et surtout comment choisir la structure adaptée à votre situation en Suisse.

Définition : qu'est-ce qu'un family office ?

Un family office est une structure dédiée à la gestion globale du patrimoine d'une famille fortunée. Son rôle dépasse largement la gestion financière : il organise, contrôle et coordonne l'ensemble des expertises nécessaires — bancaire, financière, juridique, fiscale, successorale, immobilière, philanthropique — pour servir les intérêts de la famille dans leur globalité.

Ce qu'un family office fait concrètement

Au quotidien, un family office peut couvrir un périmètre très large :

  • Gestion et coordination des experts (banquiers, financiers, fiscalistes, notaires, avocats)
  • Planification successorale et gouvernance familiale
  • Reporting patrimonial régulier (synthèse des actifs, des revenus, des charges)
  • Direction et suivi de projets personnels complexes (acquisitions, constructions, créations d'entreprises)
  • Gestion des risques et conformité
  • Accompagnement de la NextGen (héritiers)

Ce qu'une family office ne fait pas

Un family office n'est pas une banque. Il ne reçoit pas les dépôts de ses clients. Ceux-ci restent généralement déposés auprès de banques dépositaires. Dans de nombreux cas, il ne gère pas directement les portefeuilles. Le family office supervise ces relations mais ne remplace pas l’infrastructure bancaire. Sa valeur ajoutée est ailleurs : dans l’organisation et le contrôle de la gestion, la gouvernance, l'exécution et la protection des intérêts de la famille face à des environnements souvent complexes et politisés.

Les différents types de family office

Il existe trois grands modèles. Ils ne s'adressent pas aux mêmes profils et n'offrent pas les mêmes garanties d'indépendance.

Le Single Family Office (SFO)

Le single family office est une structure créée exclusivement par et pour une seule famille. Elle emploie des professionnels dédiés, qui travaillent uniquement pour cette famille. C’est comme une direction générale du patrimoine.

Avantages: personnalisation maximale, confidentialité totale, alignement complet avec les intérêts familiaux.

Contraintes: coûts fixes élevés (un SFO structuré coûte généralement plusieurs millions de francs par an) et un seuil d'actifs minimum pour justifier la structure — généralement plusieurs centaines de millions de francs suisses, voire un milliard.

Le Multi Family Office (MFO)

Le multi family office mutualise ses services entre plusieurs familles clientes. Chaque famille bénéficie d'une équipe et d'outils professionnels, mais partage les coûts de structure avec d'autres.

Avantages: accès à une expertise de niveau SFO à un coût nettement inférieur.

Attention à: conflits d'intérêts lorsque les familles ont des intérêts divergents, ou lorsque le CGI est affilié à une institution financière qui a ses propres produits à placer. La réelle indépendance du prestataire est le premier critère à vérifier.

Family office Virtuel

Le family office virtuel externalise l'ensemble des services auprès de prestataires spécialisés (banque, gérant, avocat, fiscaliste, notaire, expert immobilier), coordonnés par un chef de projet central. C'est le modèle le plus flexible, adapté à des patrimoines importants qui n'atteignent pas encore les seuils d'un SFO.

Avantages: grande flexibilité, accès aux meilleurs spécialistes selon les besoins, sans coûts fixes importants.

Contraintesla qualité du modèle dépend entièrement des compétences de coordination du chef de projet central et de son indépendance vis-à-vis des fournisseurs qu'il recommande.

Family office bancaire ou family office indépendant : une distinction fondamentale

C'est la question la plus importante à poser avant de choisir un prestataire, et c'est celle que l'on pose le moins souvent.

Un family office adossé à une banque privée — ou à un assureur, ou à un grand cabinet — n'est pas structurellement indépendant. Son mode de rémunération peut inclure des commissions sur les produits financiers qu'il recommande, ou des rétrocessions sur les mandats de gestion qu'il oriente. Ce n'est pas systématiquement problématique, mais cela crée un biais potentiel dans les conseils donnés.

Ce que garantit l'indépendance

Un family office véritablement indépendant travaille exclusivement pour le compte de son client, sans aucun produit à placer et sans rémunération liée à une recommandation. Sa seule source de revenus est l'honoraire versé par la famille. Cette structure aligne totalement ses intérêts sur ceux du client.

En pratique, cela change radicalement la nature du conseil : un prestataire indépendant peut recommander de ne pas créer une structure fiscale complexe si elle ne sert pas les intérêts du client — alors qu'un prestataire rémunéré à la mise en place aura tendance à recommander la structure.

Family office en Suisse : un marché spécifique

La Suisse — et particulièrement la Suisse romande — est l'une des places les plus développées au monde pour la gestion de patrimoine privé. Genève, Lausanne et Pully concentrent une densité exceptionnelle d'experts juridiques, fiscaux et financiers, ce qui en fait un environnement naturellement favorable aux structures de type family office.

Le cadre réglementaire suisse

En Suisse, les activités de gestion de fortune sont encadrées par la FINMA (Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers). Depuis 2020, les gestionnaires de fortune indépendants doivent être soumis à une surveillance directe de la FINMA ou d'un organisme de surveillance reconnu.

Il est important de distinguer deux types d'activités :

  • La gestion de fortune au sens strict (gérer des portefeuilles financiers pour le compte de tiers) est soumise à autorisation FINMA.
  • Le conseil stratégique, la direction de projets, la coordination d'experts et la gouvernance patrimoniale ne constituent pas de la gestion de fortune au sens réglementaire, et n'entrent donc pas dans ce cadre. C'est précisément dans cet espace qu'opère MB Projects.

À partir de quel patrimoine envisager un family office ?

Il n'existe pas de seuil universel. En règle générale, la création d’un SFO peut être envisagée avec un patrimoine de plusieurs centaines de millions de francs suisses, voire un milliard de francs suisses. Un MFO peut apporter une valeur significative à partir de CHF 10 à 15 millions, et un prestataire indépendant type stratège privé dès CHF 2 millions dès lors que le patrimoine est complexe (biens dans plusieurs pays, succession à anticiper, projets personnels à piloter). Le bon critère n'est pas uniquement la valeur du patrimoine, mais sa complexité et le besoin de coordination qu'elle génère.

Gestionnaire de fortune, gestionnaire de patrimoine, stratège privé : quelles différences ?

Ces termes sont souvent utilisés de manière interchangeable, ce qui crée une confusion réelle pour les clients.

Le gestionnaire de fortune

Son rôle principal est financier : il gère un portefeuille d'actifs (actions, obligations, fonds) dans l'objectif de générer du rendement. Il ne pilote pas de projets personnels, ne coordonne pas de notaires, et n'a généralement pas de compétence en gouvernance familiale ou en droit successoral.

Le gestionnaire d'actifs

Terme plus large que gestionnaire de fortune, il désigne un professionnel dont le périmètre couvre aussi les aspects immobiliers, fiscaux et parfois successoraux. Il reste cependant centré sur le conseil — il analyse, recommande, mais délègue l'exécution à d'autres.

Le stratège privé

C'est un modèle différent : le stratège privé ne se contente pas de conseiller. Il prend en charge l'exécution. Il définit la feuille de route, coordonne les experts, rédige ou supervise les documents juridiques, négocie les contrats et s'assure que le projet aboutit — de la première conversation à la livraison clé en main.

Il est important de noter qu'un stratège personnel ne gère pas les portefeuilles financiers. Il coordonne l'exécution, conseille stratégiquement et supervise la gouvernance des actifs – mais la gestion de portefeuille reste aux mains de gestionnaires spécialisés.

La différence n'est pas sémantique. Un conseiller remet un rapport. Un stratège privé fait avancer les choses.

Comment choisir son family office ou son stratège privé ?

Voici les cinq questions à poser avant de confier la gestion de votre patrimoine à un tiers

1. Est-il véritablement indépendant ?

Demandez explicitement : quelle est votre structure de rémunération ? Percevez-vous des commissions ou des rétrocessions liées à vos recommandations ? Un prestataire indépendant facture uniquement à l'honoraire, sans rémunération cachée.

2. Quelle est sa capacité d'exécution réelle ?

La différence entre un bon conseiller et un bon prestataire, c'est ce qui se passe après la réunion. Demandez des exemples concrets de projets pilotés de A à Z. Un prestataire qui ne fait que du conseil théorique ne fera pas avancer vos projets.

3. Comprend-il votre environnement ?

La connaissance du contexte local — politique, institutionnel, culturel, fiscal — est essentielle pour naviguer efficacement dans les environnements complexes. Un prestataire qui connaît la Suisse romande, ses acteurs et ses institutions aura une valeur ajoutée bien supérieure à un prestataire généraliste.

4. Comment gère-t-il les conflits d'intérêts ?

Les conflits d'intérêts dans ce secteur sont courants et pas toujours visibles. Un family office adossé à une banque, à un cabinet ou à un assureur a des intérêts institutionnels qui peuvent diverger des vôtres. Posez la question directement.

5. Quelle est sa discrétion ?

Dans ce secteur, la confidentialité n'est pas une option. Demandez comment le prestataire protège les informations de ses clients, et avec qui il partage des données (partenaires, prestataires, institutions).

La gestion d'actifs complexes nécessite plus qu'un bon portefeuille

Elle demande une vision globale, une capacité de coordination et, surtout, un prestataire dont les intérêts sont parfaitement alignés avec les vôtres.

Chez MB Projets, nous intervenons comme stratège privée pour les familles et entrepreneurs qui souhaitent transformer leurs projets personnels en réalités concrètes et structurées — de la première conversation à la livraison clé en main.

Si vous avez des questions sur votre situation patrimoniale ou souhaitez discuter d'un projet spécifique, n'hésitez pas à nous contacter directement. Nous contacter directement.

FAQ

FAQ — Gouvernance familiale : les questions les plus fréquentes

Si vous avez d'autres questions ou si vous souhaitez plus de détails sur un sujet spécifique, n'hésitez pas à nous contacter. Nous sommes là pour vous aider et répondre à toutes vos demandes.

Cela dépend du modèle. Un family office bancaire traditionnel se concentre sur les actifs financiers. Un stratège privé indépendant, en revanche, pilote l'ensemble des projets patrimoniaux et personnels : acquisition de biens, structuration d'une succession, direction d'un projet entrepreneurial, gouvernance familiale. C'est précisément la valeur d'une approche intégrée.

Un SFO engendre des coûts fixes annuels de plusieurs dizaines de millions de francs. Un MFO facture généralement entre 0,51 TP3T et 11 TP3T des actifs sous gestion, auxquels s’ajoutent des services supplémentaires non inclus dans les honoraires standard (planification fiscale et successorale, gestion immobilière, services de conciergerie, assistance juridique). Un stratège personnel indépendant facture à l’heure ou sur la base d’honoraires forfaitaires par mandat, sans commissions cachées, ce qui garantit une transparence totale sur le coût réel de la prestation.

Une conciergerie exécute des tâches isolées (réserver un vol, trouver un prestataire). Un family office, et plus encore un stratège privé, pilote des projets complexes sur la durée, en prenant en charge la stratégie, la coordination, l'exécution et le suivi — pas seulement la logistique.

La gestion d'un patrimoine complexe exige bien plus qu'un bon portefeuille boursier. Elle demande une vision globale, une capacité de coordination et, surtout, un prestataire dont les intérêts sont parfaitement alignés avec les vôtres.

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